Dans le monde mais pas du monde

Le Christ est venu dans le monde sans être du monde.A son imitation,les chrétiens sont dans le monde sans être du monde grâce à leur baptême.Pourtant le Christ n’a pas prié son Père de retirer du monde ses disciples « mais de les garder du Mauvais ».Cette situation ne changera jamais mais elle pose,bien sûr,beaucoup de difficultés,même aux hommes de bonne volonté.
Est-ce la quadrature du cercle?Non,car,d’une part,le Christ a envoyé à ses disciples,après son retour chez son Père,un défenseur « qui leur rappellera tout ce qu’il leur a dit »,et,d’autre part,leur a promis qu’il serait avec eux « Jusqu’à la fin du monde ».De plus ,il leur a affirmé qu’ils seraient infaillibles en matière de doctrine et de moeurs car le Saint Esprit les assistera toujours.Enfin,ayant donné à Saint Pierre la primauté dans la collégialité,le Concile Vatican I a acté cette primauté en donnant l’infaillibilité personnelle aux successeurs de Saint Pierre auxquelles tous doivent obéissance.Tout est donc clair.
Une dernière question peut se poser néanmoins et a été souvent posée :malgré cette infaillibilité,un Pape peut-il être hérétique?La question a été particulièrement aigüe avec le Pape Libère soupçonné de façon assez légitime d’hérésie.
A chaque fois que la question se pose,l’enjeu,sous des formes diverses ,est le même:la Pape a-t-il cédé au monde et à ses pressions,ce qui n’est pas a priori impossible puisqu’il est lui aussi dans le monde et ne peut s’en désintéresser,notamment en matière de moeurs puisque ceux-ci désignent la façon de se conduire dans le monde mais aussi d’une manière plus générale.
Le Concile Vatican II-appellation signifiant qu’il n’est pas vraiment un nouveau concile mais la suite de Vatican I suspendu par Pie IX du fait de la guerre franco-prussienne,a tenté de donner une réponse « pastorale » et peu dogmatique à cette éternelle question;.
Or,comme lui avait prédit un protestant proche de lui selon lequel la réouverture du Concile allait déchaîner Satan,Jean XXIII,très traditionnel en fait-lire son « histoire d’une âme-réouvre ce Concile dans l’atmosphère euphorique des « trente glorieuses » où,la guerre s’éloignant,le progrès économique étant rapide et la vitalité démographique encore forte comme semble-t-il celle de l’Eglise qui avait vu revenir à elle bien des personnes éloignées mais effrayées par le terrible conflit pendant et après la guerre.
Le drame va alors se nouer dans la surprise presque générale tant il paraissait assuré que tout irait de mieux en mieux dans tous les domaines et qu’il était possible de baisser la garde « en ouvrant les portes et les fenêtres de l’Eglise »-Jean XXIII-au monde et à tous les hommes de bonne volonté,même non-catholiques et,comme l’avait prévu le protestant et comme le constata ensuite amèrement Paul VI, »les fumées de Satan » envahirent le Concile.
Beaucoup avaient oublié que quoique vaincu,Satan ne renonce jamais, »cherchant qui dévorer »!
L’éternelle question revient donc-dans le monde mais pas du monde- se poser ,que l’on avait cru,dans un vent d’optimisme léger,définitivement réglée,sous de nouveaux vêtements mais encore plus violemment qu’auparavant.
La première conclusion,un peu secondaire mais non sans importance,qu’il faut tirer, est que l’optimisme est mauvais conseiller et fait des « imbéciles heureux »!Faut-il pour autant sombrer dans le pessimisme et devenir des « imbéciles malheureux »-l’antinomie est du prophétique Bernanos?
D’une certaine façon, telle est l’alternative inévitable pour beaucoup!
Il semble donc que la première prudence serait de ne pas nous tâter sans cesse le pouls du bonheur et la seconde de poursuivre « le développement de l’Eglise » comme défini à la fin du XIX° siècle par le Bienheureux John Henry Newman,sans confondre comme on le fait trop souvent « progrès  » et « développement » puisque même des économistes indifférents en matière religieuse cherche à remplacer l’ancien PIB,permettant seulement de quantifier le progrès par un nouvel indice de développement,plus qualitatif-et qui réservera s’il est élaboré avec sérieux et non dans l’esprit du monde quelques surprises assez foudroyantes.Ainsi les Danois qui d’après des enquêtes quantitatives arrivent toujours en tête du classement des peuples selon le bonheur dégringoleront pas mal de leur piédestal lorsque l’on prendra en compte une autre réalité selon laquelle ils sont aussi les champions du monde de la consommation d’anxiolytiques-et de pornographie-bref,des imbéciles heureux!
Tenons- nous en -là pour le moment en réaffirmant tout simplement que « la porte reste étroite » même lorsque l’on veut y renouveler un peu l’air!

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