Sciences physiques versus sciences morales

Le jeune Jacques Rueff,frais émoulu de l’Ecole polytechnique, écrit un bref ouvrage « Des sciences physiques aux sciences morales ».La tentative n’est pas nouvelle d’appliquer les méthodes réductionistes des secondes aux premières car l’on en attend un surcroît d’efficacité et de certitude.Mais dans sa fougue juvénile,l’auteur semble oublier que les premières entrent dans « Lee temps des incertitudes »-Ilya Prygogyne et Isabelle Stengers » du notamment aux nouvelles théories relativistes  et quantiques,notamment.L’auteur semble encore attaché à une conception dépassée mécaniciste,ultra-déterministe et scientiste des sciences physiques pourtant déjà battue en brèche par les dernier grand scientifique généraliste de l’histoire ,le français Henri Poincarré dans ses ouvrages de philosophie des sciences comme « La science et l’hypothèse » ou « L’avenir de la science ».Or l’homme n’est pas rien puisque c’est lui et non Einstein qui a posé les bases de la théorie relativiste.

Par ailleurs,avant les Dukheim et autres,certes tombés dans l’oubli alors,il existe des français toujours que l’on peut considérer à bon droit comme les vrais fondateurs de la sociologie comme Le Play et Tarde,aujourd’hui redécouverts.

Enfin ,un petit livre de Jules Monnerot parait « Les faits sociaux ne sont pas de choses »  et il le prouve dans sa monumentale « Description du communisme » qui n’a pas pris une ride.Roger Caillois se contente,lui, que d’une centaine de pages pour exécuter cette idéologie meurtrière et primaire,pseudo-scientifique que les Papes avaient déja condamnée,arguments à l’appui,  comme « intrinsèquement perverse » ce que l’avenir a confirmé au grand dam des la plupart  des auto-proclamés intellectuels français et autres,toujours en retard d’une guerre ou deux.

Mais pourquoi cette fascination pour ces science physiques,en réalité toujours en mouvement,malgré les éternels sclérosés qui crurent longtemps à l’existence du phlogistique ,à l’éther ou dans le domaine de la biologie à la création spontanée controuvée par Pasteur et,aujourd’hui, au darwinisme,controuvé par toutes les vraies découvertes scientifiques?

Plusieurs raisons à ce phénomène étrange et persistant alors que ces mêmes scientifiques nous annoncent toujours que leur science progresse sans cesse,des plus médiocres mais non sans écho aux plus graves,passées aussi inaperçues.
La première est la paresse intellectuelle,typique de tous les pragmatismes dont le raisonnement,au départ philosophique,se dist que tout cela est bien compliqué-l’Etre,les étants,la forme en acte et la matière en puissance et en plus Dieu ,ce gêneu..Anglais au départ et de tradition protestante donc,les premiers comme Boyle,de nos jours bien oublié à juste titre, ont trouvé l’astuce pour se débarrasser de ces questions bien difficiles et compliquées en les rejetant dans le domaine de la Révélation pour s’occuper enfin des choses sérieuses et faciles.Auparavant ,les deux Bacon,les enièmes « créateurs » de la science expérimentale,avaient quand même un léger défaut puisque l’essentiel de leurs travaux avait porté sur l’astrologie et l’alchimie,ces fausses sciences.Newton lui-même,après le colossal effort intellectuel qu’il fit pour établir sa mécanique céleste,perdant pratiquement la tête pendant un an ou deux, consacra le reste de ces jours à cette même alchimie.Quant à Galilée,il ne fit que réinventer le fil à couper le beurre puisqu’au II° siècle avjc,un astronome héllenistique,vite tombé dans l’oubli, avait déjà montré que c’était bien la terre qui tournait autour du soleil et pas l’inverse, quoique ,à la limite,un habile astronome peut bâtir un système du ciel sur la vieille croyance,son défaut étant qu’il « ne sauve pas assez les phénomènes » selon la célèbre thèse du grand physicien Pierre Duhem,lui-même hélas kantien.

Une autre raison,un peu plus noble furent les prouesses des mathématiciens qui firent croire aux philosophes comme Descartes ou Spinoza que Dieu ou la nature n’étaient que de très habiles mathématicienns et non plus des créateurs ce qui,en effet,est plus difficile,voire presqu’impossible à démontrer surtout pour l’univers dont même Saint Thomas d’Aqun affirmera que seule la Révélation nous certifie que l’univers n’est pas éternel et non la raison.Pourtant l’Abbé Lemaître prouva l’existence au début du siècle dernier l’existence de la grande explosion qui fit qu’après rien,il y eut quelque chose et pas rien, ce même univers en expansion à vitesse accélérée.De plus,,aujourd’hui tous les mathématiciens avouent qu’un seulement très bon d’entre eux peut inventer de nouvelles mathématiques en prenant au hasard quelques axiomes bizarres puis en se contentant de veiller à leur cohérence interne pour que « ça marche ».Pire,d’autres comme Lupasco affirme que l’on peut même créer une mathématique et donc une physique,faisant nos seulement  fi du principe de tiers exclu mais bâtissant sa doctrine sur cette exclusion.Notons simplement qu’il est loin d’être le premier à essayer-en vain d’ailleurs.Enfin on aurait pu penser que le comble étaitt atteint par un Atlan et d’autres physicfies d’abord puis mathématiciens qui en reviennent au très vieux solipsisme selon lequel c’est la pensée humaine qui crée le monde extérieur à sa guise et non celui-ci qui impose sa dure réalité à la première.

Mais voila qu’une enième révolution intervient,la numérique fondée sr la science des systèmes clos-qui d’ailleurs n’existent pas dans la réalité,un retour à la monade de Leibnityz « sans portes et sans fenêtres » sur le monde extérieur-la cybernétique et une algèbre primaire,celle de Boole,vieille de 1900 environ et avec deux nombres seulement 0 et 1 ce qui,bien sûr, facilite les calculs,car il suffit d’entasser des montagnes de micro-processeurs qui ne connaissent que le oui et le non pour obtenir des puissances de calcul phénoménales,le résultat de toute opération aussi complexe soit elle étant une suite interminable de 0 et de 1 qui correspondent au oui et au non.Passons sur l’Intelligence artificielle qui va plus loin encore et nous promet des robots pensants-et le trans-humanisme,ce qui est moins réjouissant.Notons qu’en son temps Saint Thomas d’Aquin avait écrit que « Les mathématiques étaient une science facile » et ne s’y intéressa qu’en passant comme plus tard le génie sans doute le plus précoce en cette science ,Pascal,qui faisait son professeur de père pleurer le voyant vers huit ans reconstituer tout seul la géométrie d’Euclide, puis se détourna peu-à-peu de ces sciences même si certaines de ses découvertes sont encore utilisées et restent énigmatiques comme « Le Triangle de Pascal ».Il a aussi inventé la brouette mais préféra se consacrer à une apologétique du christianisme,opposant la supériorité de l’esprit de finesse sur l’esprit de géométrie,d’où cet ouvrage,inachevé et en fragments jetés sue le papier que ne sachant comment l’appeler; ,on lui donna le titre vague de « Pensées » ,mot alors peu utilisé et plutôt dans un sens péjoratif comme lorsque l’on dit de quelqu’un « qu’il  est perdu dans ses pensées » mais qui peu-à-peu remplaça celui de philosophe et encor davantage de metaphysicien jusqu’à nos « intellectuels » ,appellation encore plus vague que leur peu de pensées et de leur nullité metaphysique,ce qui explique sans doute qu’ils se trompent toujours.

Mais la clé des choses n’est pas là car elle est dans le réductionnisme de ces sciences qui déconstruisent méthodiquement les être,la substance,etc, pour les réduire à leurs éléments matériels les plus simples,certes existants mais n’expliquant pas l’évidence que des être doués d’identité immuable,non-contradictoires et excluant le tiers,mais facilement,si l’on y met des moyens colossaux,manipulables,calculables en entraînant que des relations simples entre eux même si les formules mathématiques qui les évaluent sont complexes presqu’à l’infini.
Bref,si l’on pouvait réduire l’humain à de tels éléments simples, les sciences de ce nom seraient simples et une foule  de médiocres pourraient s’y livrer,ce qui d’ailleurs est le cas,en s’attaquant à n’importe quel micro-sujet qui devient un gagne-pain assez modeste mais assuré.

Mais il y a un hic et de taille:pas plus dans les unes que dans les autres sciences ,la réalité n’est simple et encore moins dans les humaines-c’est une évidence naturelle- d’où les catastrophes diverses et variées auxquelles ces science conduisent,en plus de l’abrutissement numérique ,la réduction de l’homme à un robot connecté et esclave.Or rien ne dit que tous l’acceptent puisqu’il suffit de dire non ou oui,mais à des questions un peu plus importantes que ces balivernes mortifères et causes de graves pathologies mentales car entraînant « La perte de l’évidence naturelle »-Blankenburg-signe commun à leur étonnante diversité.

G.K.Chesterton: »Le monde moderne est rempli  d’idées chrétiennes devenues folles »-voir l’explosion de ces pathologies mentales,individuelles comme collectives.Ainsi ce monde moderne se transforme sous nos yeux en un gigantesque asile d’aliénés refusant ou incapables de voir la réalité comme on peut  le constater aisément.

Mais gare aux retours extravagants de ce refoulé obstinément par réductions successives.

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