La tyrannie du vide

Chaque époque,communauté ou personne ayant les gouvernements qu’elles méritent et donc leur corruption,la tyrannie,pour  trois les trois plus remarquables,monarchie,aristocratie,démocratie mais aussi pour de moins remarquables, selon Aristote et Saint Thomas d’Aquin,que notre époque ou « ère du vide »-Serge Lipovetsky-ait la sienne,quoi d’étonnant?
Certes,sa nature même la rend moins discernable,dessinable,définissable puisqu’il s’agit de la tyrannie du vide,ce dernier ayant en plus la prétention d’être plein comme une outre ,tant sa vanité ou vacuité sont grandes.

Pourtant,il suffit de quelques instants de recul,de repos,de réflexion pour que ce vide apparaisse en pleine lumière,pour autant qu’il le peut bien sûr.
Parler dans le vide ou pour ne rien dire,utiliser des mots vides de sens ou vidés de ses sens possibles,s’agiter dans le vide et pour rien,être pressé,voire empressé pour aller nulle part,même prophétiser,dans les deux sens possibles,dans le vide sont monnaie courante tant en tant qu’acteur  que récepteur,patient ou agent.
Que ce vide et sa tyrannie se manifestent particulièrement par une prolifération de tout ,gestes,paroles,textes,images,sons,etc,rien que de normal et banal,puisque même dans des circonstances mille fois moins importantes , l’on s’occupe et sur-occupe à tuer le temps.
Et voila qu’innocement apparait le pire vice de cette tyrannie,le vacarme,le brouha-brouha,m

les flots et flux continus,les amas,les gigantismes,les compositions de bric-et-de broc,l’éclectisme du tout et du rien, l’ultra-rapide comme les échanges de tous ordres,bref,tous les moyens de masquer ce vide et sa tyrannie abyssaux.

« Foules solitaires-David Riesman-ou solitude surpeuplée sont l’avers et le revers d’une même médaille sans frappes,d’un recto-verso de page blanche,ou,à l’inverse,les pavés compressés de sons,images,textes,  mille fois plus que des sardines dans leur boîte étroites mais au moins ayant goût,saveur et odeur,et non insipides,inodores,incolores et sans relief.
Dans de telles circonstances,certains utopistes,toujours nombreux,croient qu’à force d’empiler Pyla sur Osso ou l’inverse,ils parviendront,par une surenchère de plus en plus frénétique,de tenter d’exister,cette chose si simple qu’une minuscule fourmi réalise aisément en transportant un fardeau beaucoup plus gros et lourd qu’elle,ce qui faisait dire au bon entomologiste provençal Fabre: »Je ne crois pas en Dieu,je le vois »,cet évidentialisme-là n’étant pas suspect metaphysiquement car fondé sur un réel infime mais obstiné à persister ou persévérer dans l’être.

Et voila que le remède apparait,à peine le diagnostic établi,pour les simples en esprit plus que pour les savants compliqués inutilement,avec ses degrés,du remède banal comme l’aspirine-« Ouff,merci Aspro »-à l’héroïque:persévérer,protéger,sauvegarder,développer,telles sont les tâches du Roi-voir « Le pouvoir royal » de Saint Thomas d’Aquin-comme du plus humble de ses sujets,ce Roi qu’est chaque homme avec les siens et chacun dans son ordre et place,seuls susceptibles d’engendrer le mouvement simple et souple et non brownien, comme dans l’époque et l’ère et le chaos de la tyrannie du vide et du rien.

« Exister »-recueil de poésie de Jean Follain-collection de poche Poésie-Gallimard.

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